La biodiversité vendéenne : une grande richesse à découvrir !
Entre littoral sableux et rocheux, zones bocagères, boisées, plaines, landes et marais : la Vendée est riche de milieux naturels variés. Cette diversité lui permet d’accueillir une très belle biodiversité, à admirer à l’occasion d’une des nombreuses sorties nature proposées par le Département !
Pour comprendre la biodiversité vendéenne, il faut se rappeler sa situation géographique et géologique. “Au nord, vous trouverez une flore quasiment bretonne, qui n’a rien à voir avec celle du sud, typiquement aquitaine ! Explique Christian Goyaud, le président de l’association Les Naturalistes Vendéens. A 75 ans, cet habitant de la Chaize-le-Vicomte, près de la Roche-sur-Yon, arpente le département depuis près de 40 ans à la rencontre de ses richesses animales et végétales. “La Vendée est située aux confins du Massif armoricain au nord du département, et du Bassin aquitain, au sud, poursuit le retraité. Si on met cap vers l’est, en avançant vers Cholet, on s’approche cette fois du Bassin parisien…” Le résultat, ce sont des sols de natures très différentes, des microclimats et des milieux variés, permettant l’émergence d’une biodiversité tout aussi variée.
Le Département de la Vendée gère plus de 3 000 hectares d’Espaces Naturels Sensibles (ENS) répartis sur l’ensemble du territoire et représentatifs de ces différents milieux. Ils sont pour la plupart accessibles au public, aux Vendéens comme aux visiteurs. Pour accompagner leur découverte, l’agenda des sorties nature du Département compile l’ensemble des visites et animations prévues sur place, tout au long de l’année. Suivez le guide !
Marcher le long du littoral
Envie d’une petite ou d’une longue marche iodée ? Le département est riche de 276 km de littoral, constitué essentiellement de dunes et de côtes rocheuses. Parmi ses végétaux les plus emblématiques, on trouve l’Oyat des sables, l’ Œillet de France ou l’Immortelle des dunes. On peut citer aussi l’Iris maritime avec ses fleurs violettes ou bleues qui se développe notamment sur les parties hautes de la réserve naturelle à Saint-Denis-du-Payré. Ce site remarquable, géré par la Ligue de protection des oiseaux (LPO) et l’Office Français de la Biodiversité (OFB) programme de nombreuses visites et animations tout au long de la belle saison.
| Les Espace Naturels Sensibles (ENS) La Vendée compte plusieurs sites classés Natura 2000, des réserves naturelles et des Espaces Naturels Sensibles (ENS). Cette appellation “ENS” désigne des sites particulièrement riches sur le plan écologique, que le Département acquiert, protège et entretient dans le cadre de sa politique de préservation de la biodiversité. Le Guide Vendée nature offre une description complète de 95 sites. |
Découvrir les marais
Le Marais poitevin , le marais breton et les autres marais littoraux comme ceux du Payré ou du Pays des Olonnes, sont des zones humides d’importance nationale et européenne. Ce sont de véritables réservoirs de biodiversité. On peut y observer une grande variété d’oiseaux : hérons, spatules blanches, busards, cigognes blanches ou encore canards migrateurs. Les canaux et prairies humides accueillent également des amphibiens, des poissons et une flore très riche. Pour faire découvrir ce milieu particulièrement riche aux visiteurs, la Réserve des Huttes, un marais naturel géré par le Département de la Vendée aux portes du Marais Poitevin, compte 4 kilomètres de sentiers à parcourir entre avril et novembre.
Se promener dans les bois
Le plus grand massif forestier de Vendée se situe à Mervent-Vouvant et fait environ 4500 hectares. Même si la Vendée est l’un des départements les moins boisés de France, cela ne l’empêche pas d’héberger une faune forestière précieuse : chevreuils, chauves-souris, rapaces nocturnes, ou insectes forestiers rares. Avec un peu de chance vous y croiserez la Rosalie des Alpes (Rosalia alpina), un insecte coléoptère rayé bleu et gris, magnifique, qui pond ses œufs dans les troncs morts ou mourant. Menacé de disparition dans certains pays, cette espèce protégée au niveau national, est bien présente en Vendée, même si elle reste fragile.
| Les bons réflexes du promeneur en forêt En sortie forêt, même si l’envie d’explorer tous les recoins de ce charmant petit bois est forte, le mieux est de rester sur les sentiers balisés. Pourquoi ? Pour éviter de piétiner et d’abîmer les habitats naturels, ne pas déranger la faune, particulièrement vulnérable en cette période de l’année, et être sûr de pouvoir s’en émerveiller encore longtemps ! Pour la même raison, il est demandé de tenir les chiens en laisse, de ne pas dégrader la végétation, et de ne pas abandonner de déchets sur place. Des bons gestes que l’on peut aussi appliquer sur le littoral durant les balades et les baignades estivales dans les plans d’eau aménagés. |
Arpenter le bocage
Enfin, le bocage joue un rôle très important dans le maintien de la biodiversité du département vendéen. Les haies, côteaux, landes et petits bois forment ensemble de véritables “corridors écologiques” : des espaces qui relient plusieurs zones naturelles entre elles et permettent aux espèces de trouver refuge et de se déplacer sur les territoires. Ces milieux abritent de nombreuses espèces communes mais précieuses comme la genette, le lérot, la couleuvre verte et jaune, ou encore des oiseaux comme le rossignol philomèle.
Une biodiversité à protéger d’urgence
Si la Vendée est riche de ses milieux naturels et de sa biodiversité remarquable, elle n’échappe pas aux dangers qui pèsent lourdement sur elle. Selon Christian Goyaud, le Président de l’association des naturalistes de Vendée, “En nombre d’espèces présentes, la biodiversité vendéenne n’est pas trop gravement atteinte, mais en nombre d’individus de chaque espèce, là, c’est autre chose. Prenez les libellules par exemple : j’ai des notes de terrain d’il y a 40 ans, où je pouvais compter une cinquantaine d’individus d’une même espèce au bord d’un étang. En allant au même endroit, à la même période, aujourd’hui je n’en retrouve que 5.”
Face au dérèglement climatique, à la fragmentation des habitats et à la fragilisation de leurs milieux naturels, la plupart des espèces ont vu leur population baisser drastiquement ces dernières décennies. “Or, en dessous d’un certain nombre d’individus, une espèce n’est plus viable. Au printemps 2025, j’ai constaté qu’à certains endroits, on ne retrouve pas certaines espèces, déplore le naturaliste. Je pense que nous sommes à un point de bascule.”
Quelques bonnes nouvelles
Ce qui ne veut pas dire qu’il est trop tard pour agir ! Toute action permettra de limiter le recul de la biodiversité, et parfois même, d’avoir le plaisir d’observer son retour. La Loutre d’Europe, par exemple, chassée jusque dans les années 70, avait pratiquement disparu du département. Elle est en train de revenir ! Grâce à des actions de protection et de suivi qui sont parvenues à renverser la tendance. Le castor, lui aussi, revient sur nos berges, tout comme le héron… Le Département de la Vendée a d’ailleurs décidé de renforcer son engagement en faveur de la biodiversité. Le Plan Biodiversité Climat 2, qui s’étire sur trois ans de 2025 à 2028, prévoit notamment d’améliorer encore la connaissance de la biodiversité vendéenne pour cibler son action foncière sur les sites à fort enjeu de conservation et optimiser ses mesures de gestion écologique sur les sites déjà protégés. Chacun et chacune peut aussi, à son échelle, favoriser la biodiversité, en commençant par son jardin, par exemple.
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