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Mettre une « tiny house » sur mon terrain : est-ce que ça vaut le coup ?

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Encore rares il y a une dizaine d’années, les micro-maisons ou « tiny house » sont de plus en plus nombreuses en France et en Vendée. Il faut dire que ce mode d’habitat, léger et mobile, a de nombreux avantages : plus économique, plus écologique, il s’adapte aussi facilement à nos besoins. Que l’on veuille en faire un véritable mode de vie, créer une location ou s’offrir un espace en plus !

Les tiny house, ce sont ces petites maisons d’une vingtaine de mètre carré maximum, souvent construites sur remorque, que l’on peut installer et désinstaller facilement sur un terrain.

Apparues aux Etats-Unis dans les années 70, elles ont mis longtemps avant de traverser l’océan Atlantique… Mais face à la flambée des prix de l’immobilier, de plus en plus de français et de vendéens voient dans ce mode d’habitat léger une solution alternative pour mener à bien leur projet.

D’autant que la Vendée dispose d’un potentiel d’installation particulièrement important : dans le département, 84% des logements sont des maisons et 72% des vendéens sont propriétaires de leur lieu de vie, alors que la moyenne nationale est de 58 %.

“La tiny peut être une solution pour occuper un fond de terrain, par exemple, et créer une location”, suggère Vincent Gendreau, gérant de la menuiserie Guillet, à Venansault, près de la Roche-sur-Yon. Cette menuiserie a décidé de se lancer dans la fabrication de tiny house conçues et fabriquées en Vendée dès 2016.

“Actuellement, l’essentiel des demandes que l’on reçoit proviennent soit de professionnels du tourisme qui veulent proposer de l’hébergement en tiny, soit de particuliers qui souhaitent en faire leur habitation principale.”

Mais la tiny peut aussi remplir le rôle de “pièce en plus” quand on souhaite un nouvel espace séparé de sa maison. L’entreprise a déjà reçu des demandes plus particulières en ce sens : création d’un bureau de jardin ou encore d’un cabinet de massage pour une professionnelle travaillant à domicile.

Un peu d’histoire : la naissance de la tiny house

Même si plusieurs architectes et penseurs américains s’intéressent au concept de “maison minimaliste” dans les années 70, le mouvement reste au départ très confidentiel. On considère que la tiny house telle qu’on la connaît aujourd’hui naît en 1999, lorsque Jay Shafer, un designer américain, construit une petite maison sur une remorque pour pouvoir l’installer sans autorisation de bâtir. C’est avec la crise des subprimes, en 2008, que la tiny house se démocratise, lorsque beaucoup d’américains cherchent des solutions de logement plus accessibles.

 La tiny house : un choix économique ?

La tiny coûte bien moins cher à l’achat qu’une maison classique. Comptez en moyenne entre 20 000 et 45 000 € pour une tiny en autoconstruction, et entre 40 000 et 70 000 € pour une tiny entièrement réalisée par un artisan, selon la qualité et le niveau de finition.

Pour celles et ceux qui souhaitent en faire une habitation principale, c’est donc un mode de vie très économique, avec un taux d’endettement bien plus faible à prévoir si on l’achète à crédit.

“C’est aussi, évidemment, moins de dépense en énergie, chauffage, etc, puisque la surface habitable est réduite, poursuit Vincent Gendreau, le gérant de la menuiserie Guillet, et bien sûr ça coûte moins cher en entretien global.”

En revanche, en tant que simple extension, l’économie est moins évidente : “tout dépendra du projet, poursuit Vincent Jeandreau. Là où la tiny est intéressante, c’est que c’est une “pièce” que l’on peut revendre au bout d’un moment, si on n’en a plus l’utilité, ou si on veut récupérer une partie de sa mise. Par ailleurs, elle n’abîme pas le terrain et on peut la changer de place au besoin.” A côté de ces avantages techniques et économiques, il y a tout de même des dépenses à bien anticiper : l’achat ou la location du terrain si nécessaire, la mise aux normes eaux usées selon les communes, le coût du transport de la tiny jusqu’à son lieu d’installation, ou encore l’entretien régulier du châssis.

La tiny house : une pièce en plus qui se revend… Oui mais !

L’avantage de l’habitat léger, c’est qu’il se monte et se démonte beaucoup plus simplement qu’une habitation classique. En revanche, il faut avoir en tête avant de se lancer que contrairement à une maison “en dur”, la tiny a peu de chance de prendre de la valeur. Au fil du temps elle subira plutôt une dépréciation, de la même manière qu’un véhicule, par exemple.

La tiny house : facile à installer, sur n’importe quel terrain ?

Oui, on peut installer une tiny sur une grande variété de terrain, “à partir du moment où le terrain est stabilisé, explique le menuisier, puisqu’on y dépose quand même entre 2,5 et 3,5 tonnes.” A part ça, la tiny ne comporte aucune contrainte particulière.

“L’avantage, c’est que si on ne dépasse pas les 35m2 – ce qui est rare pour une tiny -, une simple déclaration préalable de travaux peut suffire”, rapporte le menuisier. Ceci dit, je conseille toujours de bien prendre contact avec sa commune avant de se lancer dans un tel projet, pour éviter les mauvaises surprises.”

En effet, certaines communes peuvent se montrer réticentes face à ces nouvelles habitations. “L’idéal est d’obtenir un accord écrit de la part des élus, mais un simple accord oral peut déjà rassurer et permettre de se pencher plus précisément sur un projet.”

La tiny house : un investissement plus écologique !

Enfin, dernier atout de la tiny comme de l’habitat léger en général : son moindre impact sur l’environnement. Puisqu’on ne bétonne pas pour l’installer, on évite l’artificialisation des sols. C’est aussi moins de matériaux utilisés pour sa construction et moins d’énergie dépensée puisqu’on se contente d’une plus petite surface. On évite même totalement le ciment, par exemple, dont la production est très énergivore. Enfin, c’est un mode de vie qui invite à moins consommer, puisqu’on dispose de moins de place pour stocker. Donc oui, à chaque fois qu’une tiny house permet d’éviter une construction en dur, elle limite notre impact sur l’environnement.