
Guide d’achat d’une voiture électrique d’occasion : les points à vérifier pour se rassurer !

Plus de 24 000 vendéens roulent désormais en véhicules électriques ou hybrides, et ce chiffre est en constante augmentation : une bonne nouvelle pour les candidats à l’achat d’une voiture électrique d’occasion, puisque de plus en plus de concessionnaires vendéens et de particuliers en revendent ! Rouler à l’électricité, c’est réaliser en moyenne 50% d’économies sur sa consommation de carburant. Mais comment réussir son achat ? À quoi faut-il être particulièrement attentif lors de l’acquisition d’un véhicule électrique d’occasion ? Réponse en 5 points clefs à travers notre guide.
Jusqu’à aujourd’hui, lorsque vous vous penchiez sur l’achat d’un véhicule d’occasion, essence ou diesel, vous saviez quels éléments vérifier : le kilométrage, la date de la dernière vidange, le remplacement de la courroie, l’état des freins… Mais faire le tour d’une voiture électrique, c’est une autre affaire !
Bien sûr, un certain nombre de points de contrôle restent de mise : entretien régulier, état de la carrosserie, etc. En revanche, d’autres n’ont plus lieu d’être, comme la vidange par exemple, et de nouvelles particularités doivent faire l’objet d’une attention accrue pour s’éviter toute mauvaise surprise :
1. Renseignez-vous sur l’état de la batterie
S’il fallait se concentrer sur un seul point, ce serait celui-là : la batterie. C’est le cœur de la voiture électrique, et son état mérite une attention particulière lors d’un achat d’occasion. Posez la question de l’autonomie réelle du véhicule et comparez-la à l’autonomie annoncée par le constructeur : une différence est normale, les constructeurs annonçant toujours l’autonomie la plus optimiste, mais une trop grande différence, en revanche, est mauvais signe !
Pour vous en assurer, chez un concessionnaire, demandez à connaître le “SOH” de la batterie : “SOH signifie state of health, c’est le rapport d’usure de la batterie, explique Bastien Durantin, employé chez Littoral Vendée Automobiles et Responsable des ventes d’occasions sur le site de la Roche sur Yon. En concession, on peut le connaître précisément en se branchant sur la batterie. Si le propriétaire précédent a pris soin de son véhicule, un SOH peut être à 100% même sur une voiture ayant plus de 100 000, voire 200 000 kilomètres.” Comme l’info n’est pas disponible sur les tableaux de bord, dans le cas d’un achat de particulier à particulier, vous devrez faire confiance à l’acheteur, à moins de vous faire prêter la voiture pour la tester sur plusieurs centaines de kilomètres et vérifie par vous-même son autonomie réelle. Il existe également des kits de certificats de batterie pour des ventes de particuliers à particuliers, à recevoir chez soi.
Bon à savoir !
* Il existe des garanties sur les batteries des voitures électriques, souvent jusqu’à 8 ans ou 160 000 km. Si elle est toujours valide au moment de l’achat d’une occasion, c’est un plus !
* Pour calculer l’autonomie réelle d’un véhicule électrique, comme pour une voiture thermique, il faut s’intéresser à sa consommation. Sauf que cette fois, on ne parle plus en litres de carburant pour cent kilomètres, mais en nombre de “kilowattheures” pour cent kilomètres. Un modèle avec une batterie de 60 kWh en bon état, et une consommation moyenne de 15 kWh / 100 km, pourra donc rouler 400 km avec une recharge pleine. * La consommation d’un véhicule électrique tourne souvent autour de 10 à 20 kWh / 100 km, selon que l’on possède une citadine ou un SUV, et en fonction de la conduite, de la saison (on consomme plus en hiver qu’en été) et des équipements en marche (la climatisation ou le chauffage sont des équipements qui consomment beaucoup d’énergie !).
2. Vérifier les câbles présents dans le véhicule au moment de l’achat
Aujourd’hui, comme l’exige la loi européenne, tous les véhicules électriques doivent être dotés d’un câble universel, ou “câble domestique”, qui permet notamment de se brancher sur une prise standard, chez soi. Mais aussi d’un câble de type “T2”.
“Lors d’un achat d’occasion, poursuit le responsable, il faut donc bien vérifier la présence des deux câbles dans le véhicule, car racheter un câble peut vite coûter cher : comptez 300, voire 400 euros par article.”
Même si vous prévoyez de recharger votre véhicule chez vous la plupart du temps, il est plus prudent d’avoir d’autres options ! Le type “T2” est l’une des prises les plus répandues sur les bornes de recharge publiques (sur l’espace public) et privées (supermarchés, autoroutes, etc.) .
Bon à savoir !
* La Vendée compte à ce jour plus d’une centaine de bornes installées dans l’espace public avec les informations sur leur localisation et le type de prise disponible. A cela s’ajoutent toutes les autres bornes installées en dehors de l’espace public, par exemple sur les parkings des supermarchés.
* La durée de vie de la batterie est liée aux cycles de charge et de décharge : la longévité moyenne d’une batterie est de 1 000 à 1 500 cycles de recharge. Mais c’est surtout le type de charge qui va déterminer l’usure : “Plus la charge est lente – c’est le cas sur les prises domestiques – plus la batterie est préservée. Plus la charge est rapide, comme par exemple sur les bornes disponibles sur les autoroutes, plus l’usure est rapide. Puisque la batterie va chauffer plus vite et plus fort pour se charger.”
3. Être très attentif à l’historique des accidents
Même si c’est une recommandation valable sur tout type de véhicule, veillez à être particulièrement attentif aux chocs qu’un véhicule électrique a pu subir par le passé, en raison de la sensibilité de ses composants électriques et électroniques. Même si la voiture a été réparée, les chocs violents peuvent avoir des conséquences à long terme sur ce type de véhicule.
Depuis 2019 l’Etat a mis en place le site HistoVec permettant de consulter l’historique administratif des véhicules immatriculés en France.
“Les rapports prennent en compte tout accident ayant donné lieu à un rapport d’expertise. C’est un bon moyen de savoir si la voiture a subi des chocs importants par le passé !”
En complément, renseignez-vous sur la fréquence des révisions effectuées : elle est à faire tous les 30 000 km environ sur une voiture électrique, contre tous les 15 000 à 20 000 km pour une voiture diesel ou à essence.
4. Prenez en compte les coûts d’entretien
L’un des principaux avantages de la voiture électrique : elle nécessite moins d’entretien qu’une voiture thermique ! Pas de vidange, maintenance du moteur très faible, ou encore des freins moins sollicités. Sans compter le coût avantageux de l’énergie : comptez de 2 à 3 € pour 100 km parcourus, contre 6 à 8 € pour un véhicule thermique.
Dans l’ensemble, c’est donc une option beaucoup plus économique sur le long terme. Mais attention à ne pas négliger, pour autant, les coûts d’entretien restants ! Les pièces spécifiques des véhicules électriques, comme la batterie, peuvent être assez onéreuses à remplacer.
Autre dépense à prévoir : les pneus des voitures électriques s’usent généralement plus vite que ceux des véhicules à combustion. Pourquoi ? Parce que ces voitures sont plus massives et ont une vitesse d’accélération plus importante.
Bon à savoir !
* Certains constructeurs offrent des forfaits d’entretien qui couvrent les coûts de maintenance pendant une certaine période. Vérifiez si le véhicule est couvert.
5. Faites le point sur le fonctionnement technologique et les équipements
Les véhicules électriques sont souvent équipés de technologies avancées, donc de logiciels dont le bon fonctionnement va déterminer, en partie, les performances du véhicule : autonomie, sécurité ou encore système de navigation. Vérifiez donc que le modèle bénéficie de mises à jour logicielles régulières.
Un véhicule électrique émet 2 à 6 fois moins d’émissions de CO2 sur l’ensemble de son cycle de vie qu’un véhicule thermique. C’est donc une option plus écologique, certes, mais aussi plus économique ! Les vendéens ne s’y sont pas trompés : sur 470 000 voitures immatriculées en Vendée en 2023, 5% sont désormais électriques ou hybrides.
Si la proportion peut sembler faible, il faut savoir que leur nombre double tous les deux ans : elles n’étaient que 11 500 en 2021 et 6500 en 2019. Prêt à rejoindre le mouvement ? Un dernier conseil pour la route : n’oubliez pas de surveiller votre éligibilité aux deux aides principales pour l’achat d’un véhicule électrique : le bonus écologique et la prime à la conversion, cumulables et valables pour les occasions. Elles évoluent fréquemment, et peuvent aussi se compléter d’éventuelles aides locales : à vérifier auprès de votre commune.
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