Bonne nouvelle : la filière bio s’en sort bien en Vendée !

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Après plusieurs années difficiles pour la filière bio en Vendée, liées à l’inflation, les premiers signes d’une reprise se font enfin sentir. Une bonne nouvelle, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs, et leur santé ! 

Entre 2022 et 2023, la filière bio avait connu un net ralentissement en Vendée, comme sur le reste du territoire national. En cause : l’inflation des prix principalement, qui avait poussé les consommateurs à revoir leurs habitudes et à se tourner vers des produits en moyenne moins chers.

Mais 2025 pourrait bien être l’année de la reprise : “Après s’être stabilisé en 2024, le marché vendéen des produits bio semble reprendre. Il reste assez serré mais les retours que l’on a des magasins spécialisés, comme les Biocoop, sont très encourageants, expose Claire Brachet, Chargée de mission sur les filières locales et les circuits courts pour le GAB 85, le Groupement des agriculteurs biologiques en Vendée. Globalement, leurs chiffres d’affaires sont repartis à la hausse en 2025. Ce qui est bon signe.”   

Vaut-il mieux consommer bio, local, ou en circuit-court ?
Les trois mon capitaine ! Même si ce n’est pas exactement la même chose : pour rappel, une alimentation bio est une alimentation produite sans produits chimiques de synthèse. Une consommation locale désigne la consommation d’aliments produits dans un périmètre d’environ 100 à 150 km. Alors que le circuit-court fait référence au nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur : un, maximum !

Une filière bio vendéenne dynamique

Si elle se confirme, cette reprise permettra de maintenir le dynamisme de la filière bio locale. 886 fermes sont actuellement engagées en Agriculture Biologique (AB) en Vendée, selon les données de l’Agence Bio, soit 18% des exploitations agricoles du département. C’est presque une ferme sur cinq !

En termes de surfaces : les exploitations bio et en conversion ont augmenté de 5.4 % ces cinq dernières années, pour atteindre les 2745 hectares en 2024. L’inflation n’a donc pas eu raison de la filière bio vendéenne ! “Maintenant, on aimerait que la grande distribution joue le jeu en ré-intégrant les produits bio qu’elle avait retirés de ses rayons au plus fort de l’inflation, poursuit Claire Brachet du GAB 85. Aujourd’hui, elle représente 47% du marché du bio. Donc on a besoin d’elle.”

C’est quoi, déjà, l’agriculture biologique ?

Rappelons-le : une exploitation conduite en bio, selon le cahier des charges du label européen AB, est une exploitation où l’usage de tous produits chimiques de synthèse est strictement interdit, aussi bien pour la fertilisation des sols que pour les traitements.

Pour certaines cultures, une liste de produits autorisés est publiée, mais ces derniers doivent toujours être d’origine organique. C’est le cas par exemple de la bouillie bordelaise autorisée pour le traitement des vignes bio, afin de lutter contre le mildiou. En élevage bio, l’alimentation donnée aux animaux est elle-même biologique et une attention particulière est apportée à leur bien-être.

Convertir une exploitation à l’agriculture biologique
Pour passer d’une exploitation conventionnelle à une exploitation labellisée AB, les agriculteurs doivent respecter le cahier des charges du label. Mais cette conversion ne se fait pas du jour au lendemain ! Pour avoir le droit d’apposer la mention “AB” sur leurs produits, les exploitants devront patienter deux à trois ans, en moyenne, après le début de leur changement de pratique. Une durée qui varie selon ce qui est produit : légumes, fruits, viande, etc.

La bio : meilleure pour la santé des consommateurs

Manger bio ne suffit pas pour être en bonne santé, on est d’accord ! Les habitudes alimentaires et leurs impacts sur la santé sont des phénomènes complexes. Il n’empêche, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, certaines études tendent à démontrer que le recours majoritaire à des produits bio aurait un impact positif sur la santé à long terme.

L’une des études de référence sur le sujet, l’étude BioNutriNet, démarrée en 2014, compare ces impacts sur des grands consommateurs de bio et des non consommateurs. Elle a déjà montré qu’une alimentation majoritairement bio réduit effectivement l’exposition aux pesticides. Elle est également associée a une probabilité plus faible de présenter le syndrome métabolique : des troubles liés à la présence d’un excès de graisse à l’intérieur du ventre, comme des anomalies de la glycémie ou de l’hypertension artérielle.

La production bio vendéenne : un enjeu d’avenir

Les exploitations engagées en bio en Vendée ont des productions diversifiées. On y rencontre notamment des exploitations légumières, du bovin lait, ou encore des grandes cultures.

Mais c’est l’élevage bovin viande qui occupe la 1ère place de la production en bio en Vendée. “Aujourd’hui, on observe une reprise sur le marché des produits bio, et c’est tant mieux, poursuit Claire Brachet du GAB 85. Mais pour maintenir la filière sur le long terme, le gros enjeu aujourd’hui, c’est celui de la transmission des fermes.” D’ici à 2030, un tiers des agriculteurs français prendra sa retraite. Favoriser l’installation en bio et la transmission des fermes en Vendée permettrait de maintenir un tissu agricole dense et diversifié, tout en étant favorable à la préservation de l’environnement.

Soutenir les fermes vendéennes, c’est possible !
Le consommateur peut jouer un rôle clef dans la transmission des fermes vendéennes : plus une ferme est dynamique, plus il est facile de lui trouver un repreneur. En achetant plus de produits cultivés en Vendée, on favorise ce dynamisme. Or manger local, ce n’est pas forcément plus cher. Avec 71% de sa surface occupée par des terres agricoles, la Vendée possède un vrai potentiel de souveraineté alimentaire : ce serait dommage de ne pas en profiter !